Avant-propos
En 2006, je répondais à une commande d’écriture du Théâtre de la Tête Noire de Saran dirigé par Patrice Douchet. Il avait demandé à 6 auteurs ( Philippe Aufort, Gilles Granouillet, William Pellier, Karine Serre, Carole Thibaud et moi-même) de « partir en écriture ».
C’est ainsi que pendant 6 semaines, après avoir traversé la Russie par le transsibérien, je parcourais la Chine d’Est en Ouest, de Pékin à Kashgar.
J’en revenais avec Taklamakan (Le désert d’où on ne revient jamais), qui après avoir été lu au à Saran, au TEP, au Théâtre du Rond-point, à Strasbourg, Avignon), devenait lauréat de l’Inédithéatre, décerné par le Rectorat et la DRAC IDF, Posture, puis publié aux Editions Lansman. Il a été traduit en Allemand par Silvia Berutti-Ronelt et sera publié dans la revue germanique SCENE.
S’inscrivant comme la suite de Même le dimanche (Ed Le bruit des autres, mai 2000) que j’avais écris et mit en scène, j’ai composé ce road-movie théâtral, ce parcours initiatique, l’histoire d’une transmission onirique sans doute, mais encrée dans une réalité.
Cette pièce « libertaire » rend compte, avec humour d’une ouverture nouvelle sur le monde, celui de l’autonomie et du nomadisme mais aussi sur l’acte créateur. C’est un voyage sur la terre, mais aussi dans l’imaginaire.
A l’origine, je n’avais pas l’intention de monter moi-même ce texte. Il n’avait pas été écrit pour ça. Mais 3 ans après, j’ai pris suffisamment de recul pour me l’approprier autrement, dégagé de ma propre histoire.
A travers ce texte, j’ai aujourd’hui d’autres choses à raconter :
Le passage de l’écrit à la scène me permet aujourd’hui d’aborder un autre sujet. Celui de la création artistique, de ces méandres et de sa difficulté.
Car ce voyage en ce royaume autonome est nomade est celui de l’univers laborieux de la création artistique.
Mise en espace au Théâtre du Nord le 6 novembre dans le cadre de « théâtre d’une heure ».
TAKLAMAKAN
(Le désert d’où on ne revient jamais.)
De Gérald Dumont (Editions Lansman, mai 2009)
Prix de l’Inédithéâtre
Avec : Damien Olivier, Nathalie Grenat, Fidel Para
Lumière : Xavier Boyaud
Son: Xavier Jacquot
Régie Générale : Eric Blondeau
Résumé de l’histoire
Damien, la vingtaine, vient de gagner une
grosse somme d’argent.Il décide de rejoindre
Pékin par le transsibérien, histoire de
s’éloigner de ce monde « qu’il n’aime
pas »... Il partage son compartiment avec
Monsieur Henry, un vieil homme taciturne qui se
dit être « Monarque du royaume autonome et
Nomade de Providence » et qui cherche le
repos dans un village du désert du Takla-Makan.
Damien est seul. Il va le suivre dans cette
quête, innocemment, naïvement, souvent
dérangeante ou déroutante.
Mais cette rencontre sera décisive pour eux
deux.