BROUTCHOUX

Germinal, germinal !!!
Nom de Dieu, Germinal, on ne serait pas que tous les deux ? On va la faire cette révolution, dis-moi, on va la faire ? Germinal ! Dis-moi qu’au moins une fois, j’ai eu raison. Dis-moi qu'au moins une fois, un jour, quelqu’un m’a entendu. Dis-moi que nous ne sommes pas morts pour rien. C’est laid autour de nous, c’est laid et ça sent mauvais. Dis-moi qu’un jour, autour d’un réverbère, il y aura une personne qui se dira : « Et si ce monde dégueulasse devenait plus beau, ou du moins, si l’on essayait ? »
Le rêveur quitterait cet endroit, mettrait le nez dehors et se dirait : « C’est laid et cela ne sent pas bon dehors ; si je faisais quelque chose ? » Et puis il dirait aux autres : « Comment, vous ne sentez pas ? Il faut changer cela ! Le monde est dégueulasse, il faut faire quelque chose. ».Tu imagines si cela pouvait arriver. Et il dirait : « Il faut sortir de là, parce qu’il y a la rue pour défiler, des trottoirs pour discuter, des palais à occuper, des icônes à décapiter, un parlement de ganaches à vitrioler et des urnes à dynamiter. Parce que se calfeutrer dans les velours bourgeois et rassurants d’un théâtre d’où s’échappent tant de nauséabondes niaiseries offertes par des directeurs obséquieux, c’est vain. Se fondre dans la pénombre quotidienne par lâcheté, opportunisme ou intérêt, ou bien fermer les yeux parce que c’est fatiguant d’y voir clair, c’est faire don de soi à la mort, c’est signer un pacte ave le diable. Et l’on se retrouve alors avec le président que l’on mérite. »
Si ce jour-là arrivait, je mettrais mon plus beau chapeau, et j’irais droit comme un I, là où la vie doit m’emmener. J’aurais pas besoin de pandores. Je ne ferais même pas de scandale. Si cela pouvait arriver, je pourrais dormir tranquille, l’œil bel et bien clos. Vive la révolution ! Vive l’Anarchie !
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GERMINAL

On la fera la révolution, Papa. Une belle et joyeuse révolution. Oui, Papa, on fera une belle révolution contre le travail, et pour la paresse. Et puis, on continuera à faire vivre des endroits comme celui-là, de drôles d’endroits où les hommes rêveront tard le soir.
Car plus tu en sais, moins tu dors.
Ni dieu, ni maître, mais homme.
L’anarchie est issue d’un désir commun à tous les hommes. Elle n’est aberration que pour celui qui se refuse à voir qu’il n’y a d’issue parfois qu’en réalisant un rêve.